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Actualisé: Lundi 05 Novembre 2007

2.6 Pourquoi adopter une perspective genre dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau ?

Une perspective genre dans la gestion Intégrée des Ressources en eau est nécessaire pour une multitude de raisons comme exposé dans la section suivante.

2.6.1. Un souci d’efficacité et d’efficience dans les programmes et les projets du secteur de l’eau

Impliquer les hommes et les femmes dans les initiatives intégrées portant sur les ressources en eau peut l’efficacité et l’efficience d’un projet donné. La participation des hommes et des femmes améliore la performance du projet et sa chance de durabilité. En d’autres termes, un projet est plus apte à atteindre les objectifs escomptés à travers sa mise en œuvre si les hommes et les femmes (riches et pauvres) sont des participants actifs et des décideurs.

En plus des preuves multiples et évidentes, trois études spécifiques ont abordé cette question:

La voix et le choix des femmes – Liaisons avec la demande, l’aspect genre et la pauvreté à partir de 44 plans d’eau en Asie et en Afrique. Projet de recherche du Programme PNUD/Banque Mondiale sur l’eau et les installations sanitaires.

Les résultats préliminaires semblent valider l’hypothèse selon laquelle les services de l’eau seront mieux appuyés et utilisés par les communautés si les institutions et les politiques permettent aux communautés ( hommes et femmes, riches et pauvres) d’initier le service, d’être informées sur les décisions relatives à la gestion du service et aux systèmes de financement et de renforcer les capacités pour maintenir le service et le gérer de façon à ce que ses charges et ses bénéfices soient partagés équitablement .

Revue de la Banque Mondiale de 121 projets d’approvisionnement rural en eau

Cette revue a trouvé que la participation des femmes constitue l’une des variables les plus associées à l’efficience et à l’efficacité du projet. En plus, la revue a mis en évidence que lorsque le projet ne réussit pas à prendre en considération les différences et les inégalités homme/femme, il risque de péricliter. En Inde, par exemple, des fosses de compost en dehors des villages sont inutilisées et les femmes continuent à déposer les ordures tout près de chez elles même lorsqu’elles sont condamnées à une amende parce qu’elles ne veulent pas être vues en train de transporter des ordures à la périphérie du village. S’il y a eu des consultations avec les femmes, ce problème aurait pu être évité (Narayan, 1995).

Etude IRC des projets communautaires d’approvisionnement en eau et d’installations sanitaires

Une étude effectuée par le Centre International de l’Eau et des Installations Sanitaires (IRC) sur des projets communautaires d’approvisionnement en eau et d’installations sanitaires dans 88 communautés à travers 15 pays a montré que les projets conçus et dirigés avec la participation des femmes sont plus viables et plus efficaces que ceux qui n’impliquent pas les femmes en tant que partenaire à part entière (Wijk-Sijbesma, 2001).

La recherche tend à mettre l’accent sur le secteur de l’approvisionnement en eau et des installations sanitaires, mais cette même tendance peut être remarquée aussi dans les autres secteurs de l’eau. L’impact positif de la prise en considération des questions genres peut être ressenti dans le Projet Communal pour le Développement de l’irrigation aux Philippines. Ce projet dépasse les objectifs de développement physique et les évaluations de l’intensité de l’irrigation et des productions de riz brut. La réussite du projet a été attribuée à la participation des bénéficiaires présumés. Le projet fait partiellement appel à une tradition agricole de systèmes d’irrigation et répond à un contexte culturel dans lequel les femmes exercent des droits fonciers indépendants. La réussite du projet dans la communauté a été expliqué par le recrutement d’organisateurs au sein de la communauté, deux tiers d’entre eux sont des femmes ; la garantie de l’adhésion du mari et de la femme aux associations des utilisateurs d’eau et l’encouragement des femmes pour assumer des rôles de leadership. Il a aussi été remarqué que l’adhésion des femmes facilitait le paiement des cotisations parce que les femmes contrôlent le budget de la famille (Quisuimbing, 1994).

2.6.2 Durabilité environnementale

Les femmes et les hommes à travers le monde jouent des rôles distincts dans la gestion des plantes et des animaux, dans l’utilisation des forêts, des terres, des marécages et de l’agriculture. En plus, les rôles de l’homme et de la femme sont différenciés pour la collecte de l’eau, des combustibles et du fourrage à usage domestique et pour générer des revenus. A cause de leurs engagements distincts vis-à-vis de l’environnement naturel, l’expérience des femmes et leurs connaissances sont très importantes pour la gestion environnementale (PNUE, 2004). En adoptant une perspective genre et en permettant l’intégration de la connaissance environnementale des femmes, les chances de durabilité de l’environnement sont augmentées.

Un projet pour la gestion d’une ligne de partage d’eau a été initié dans une zone fragile tropicale à Mindanao aux Philippines. Un lac utilisé pour générer l’électricité s’envasait à cause de la déforestation et de l’érosion du sol. Il y avait un besoin de réduire la perte du sol et d’engager les institutions locales dans le contrôle de la perte du sol et de sa récupération. Le projet a, au début, invité les jeunes hommes à superviser l’eau pour déterminer si les techniques utilisées pour la conservation du sol sont en train de réduire l’envasement. Mais les hommes n’étaient pas cohérents dans la supervision. Les cultivatrices ont aussi été impliquées dans la supervision de l’eau sans grand succès. Le projet a alors conclu que les femmes étaient plus intéressées par les questions portant sur la santé que sur la perte du sol. Lorsque les femmes ont appris comment la qualité de l’eau affecte la santé de leurs familles et que le programme s’est étendu pour comprendre la supervision de la bactérie e coli, l’attention des femmes a pu être attirée et elles ont, ainsi, pris part à sa mise en œuvre. Ceci a permis plus d’engagement dans plusieurs autres activités environnementales. En définitive, l’engagement de la communauté a donné des résultats positifs comme l’adoption des techniques de conservation du sol par les cultivateurs et les cultivatrices (Diamond, et al., 1997).

2.6.3. Le besoin d’une analyse précise de l’utilisation des ressources en eau

Les analyses économiques et sociales ne sont pas complètes sans comprendre les différences et les inégalités sociales homme/femme. Avec une analyse de l’aspect genre, les planificateurs arrivent à une image plus fidèle des communautés, des usages des ressources naturelles, des ménages et des usagers de l’eau. Comprendre les différences entre les femmes et les hommes (qui fait quel travail, qui prend quelle décision, qui utilise l’eau et pour quel usage, qui contrôle quelles ressources, qui est responsable des différentes obligations familiales, etc.)fait partie d’une bonne analyse et peut contribuer à atteindre des résultats plus efficaces.

Au Bengladesh, malgré la perception répandue selon laquelle les questions d’aspect genre ne sont pas pertinentes à l’impact des inondations et aux plans de prévention des inondations, il y a plusieurs façons pour les lier aux différences et aux inégalités entre les hommes et les femmes. Les femmes sont responsables de la production et du traitement des produits agro-alimentaires et de la préparation des aliments dans les ménages ruraux du Bengladesh. Les dangers d’origine hydrique, comme, par exemple, les crues subites, peuvent endommager non seulement les cultures mais aussi les stocks d’aliments et les équipements de traitement augmentant ainsi les prix des produits alimentaires de base. Toute rupture dans l’approvisionnement en produits alimentaires a un impact sur la capacité des femmes à vivoter sur les ressources existantes. La mobilité limitée des femmes limite aussi les stratégies de remplacement pour gérer le manque des ressources familiales, particulièrement, quand la femme est à la tête de son foyer à cause de la migration de l’homme ou de sa désertion (Thomas et al, 1993).

Les différences et les inégalités entre les femmes et les hommes influencent la manière dont les individus réagissent aux changements dans la gestion des ressources en eau. Comprendre les rôles des hommes et des femmes, leurs relations et les inégalités entre eux peut aider à expliquer les choix des gens et leurs différentes options.

A Alto Piura au Pérou, les cultivatrices se plaignaient du fait qu’elles devaient toujours irriguer de nuit malgré la règle officielle qui stipulait que les quotas de nuit doivent être distribués de manière égale entre les agriculteurs. Étant donné que les agriculteurs hommes entretiennent de bonnes relations avec le Comité d’irrigation et avec le commissaire de l’eau, ils arrivent facilement à négocier les quotas de jour (Zwarteveen 1997). Si un projet vise à fournir à tous les agriculteurs et les irrigateurs un accès équitable aux ressources en eau, les stratégies doivent donc aborder cette difficulté spécifique à laquelle les femmes font face.

Les relations homme/femme et les inégalités influencent les réactions collectives aux questions relatives à la gestion des ressources en eau. Les femmes et les hommes ont tendance à s’organiser de manière différente. Les femmes font souvent face à des obstacles spécifiques pour participer à des projets, à rejoindre un comité d’utilisateurs d’eau ou à contribuer aux consultations.

Les femmes pauvres ont moins de chances d’être élues dans des comités d’eau ou des comités de développement du village. Lors d’interviews au Zimbabwe sur la question relative aux critères adoptés pour l’élection des gens aux postes de responsabilité du le village, deux qualifications ont mentionné: i) quelqu’un qu’ils peuvent respecter (pour son rang, son influence, son travail ou sa capacité à atteindre un consensus concernant des problèmes difficiles), et ii) quelqu’un qui a des ressources comme par exemple une bicyclette ou de l’argent pour pouvoir représenter le village au siège du district quand nécessaire. Les femmes pauvres ne répondent pas à ces qualifications et ont généralement plus de contraintes de travail et de temps que les autres femmes ou les hommes. Ces femmes pauvres et leurs enfants sont souvent dans des conditions précaires de santé et pourraient donc profiter plus que d’autres des améliorations qui résulteraient de l’approvisionnement en eau tout près de chez eux. Paradoxalement, c’est eux qui ont le moins de chances à participer à la prise collective de la décision qui provoquerait ce changement (Cleaver, 1998).

2.6.4 Egalité, équité et renforcement des rôles

Sans attention particulière accordée aux questions et initiatives d’aspect genre, les projets risquent de renforcer l’inégalité entre les femmes et les hommes et même augmenter les disparités entre eux. Plusieurs initiatives semblent à première vue neutres au niveau genre, mais c’est rarement le cas. Les projets et les programmes ramènent souvent de nouvelles ressources (formation, outils, technologie, etc.). Etre un homme ou une femme peut influencer le fait que l’homme ou la femme profite de ces opportunités. Les programmes doivent permettre aux femmes aussi bien qu’aux hommes de bénéficier des initiatives dans le secteur de l’eau. Les écarts entre les riches et les pauvres peuvent souvent prendre plus d’ampleur suite à des interventions de développement.

Une initiative donnée peut aussi renforcer les inégalités même s’il peut y avoir des opportunités pour appuyer les efforts des gens pour construire des sociétés et des économies équitables. L’importance de l’attention spécifique apportée à l’aspect genre et les questions de diversité est d’autant plus critique à cause du profil généralement bas de ces questions auprès de plusieurs professionnels.

2.6.5 Réalisation des engagements internationaux par les gouvernements et les partenaires

Les gouvernements et les agences de développement se sont engagés à appuyer l’égalité entre les femmes et les hommes et à adopter une perspective genre dans tous les programmes et les projets, y compris ceux relatifs à l’eau et à l’environnement. Les engagements spécifiques comprennent:

· Les résultats et le suivi de la Décennie Internationale de l’approvisionnement en eau potable et des installations sanitaires (1981-1990) ont été discutés dans les consultations de New Delhi à 1990. Bien que ces consultations soient limitées à la discussion des questions relatives au genre, il y a eu un appel clair pour rehausser la prise de décision par les femmes et la gestion des ressources en eau.

· La déclaration de Dublin (1992) approuvée par plus 100 pays, reconnaît que les femmes jouent un rôle central dans la prestation, la gestion et la sauvegarde des ressources en eau. Elle reconnaît le rôle crucial des femmes en tant pourvoyeurs et utilisateurs de l’eau et gardiennes de l’environnement vital et que cette réalité doit être traduites en dispositions institutionnelles pour le développement et la gestion des ressources en eau.

· Le principe 20 de la Déclaration de Rio (1992) stipule ce qui suit, “les femmes ont un rôle vital dans la gestion et le développement environnemental. Leur participation entière est donc essentielle pour réaliser un développement durable” L’Agenda 21 (1992) contient un chapitre sur les femmes et le développement durable (chapitre 24) et un chapitre sur la gestion de l’eau (chapitre 18).

· La Plateforme d’action de Pékin (1995) a mis en exergue les questions environnementales comme secteur d’intérêt critique:“ les inégalités entre les deux sexes dans la gestion et la sauvegarde des ressources naturelles et dans la sauvegarde de l’environnement ”. Trois objectifs stratégiques ont été approuvées: (1) impliquer activement les femmes dans la prise de décision environnementale à tous les niveaux; (2) intégrer les aspects et les perspectives genre dans les politiques et les programmes de développement durable; et (3) renforcer ou établir des mécanismes d’évaluation de l’impact du développement et des politiques environnementales sur les femmes.

· Le plan de Johannesburg pour la mise en oeuvre du Sommet mondial sur le développement durable 2002, paragraphe 25 (a) comprend l’engagement des gouvernements à : “… appuyer le renforcement des capacités pour le développement de l’infrastructure sanitaire et les services d’eau garantissant qu’une telle infrastructure et de tels services répondent aux besoins des pauvres et soient soucieux de l’aspect genre.”

· En décembre 2003, l’Assemblée Générale a proclamé (résolution 58/217), la période 2005 -2015 décade internationale pour l’action « Eau pour la vie” et a appelé à mettre l’accent sur la mise en oeuvre des programmes et projets relatifs à l’eau, “tout en oeuvrant pour la participation et l’implication des femmes dans les efforts de développement portant sur l’eau… ».

· Les objectifs de développement du Millénium qui entrent dans le même cadre que la décade “l’eau pour la vie”comprennent 2015 objectifs portant sur l’égalité homme/femme et le renforcement du rôle de la femme ainsi que l’eau saine et les installations sanitaires.

2.6.6 Le processus participatif dans les initiatives de Gestion Intégrées des Ressources en Eau doivent reconnaître les inégalités et les différences entre les femmes et les hommes

L’expérience a démontré que les processus participatifs et les ‘tentatives pour impliquer les gens pauvres’ n’incluent pas automatiquement les femmes. Une attention doit être portée aux différences et aux inégalités entre les deux sexes si l’on veut que les initiatives de développement participatif impliquent les femmes aussi bien que les hommes. Les questions spécifiques comprennent :

Les relations de pouvoir dans les communautés. Les communautés ne sont pas des groupes harmonieux ayant des priorités et des intérêts communs. Il y a souvent de fortes divisions le long des lignes d’âge, de religion, de classe sociale et de genre. Ces différences de pouvoir font que certaines personnes n’arrivent pas à exprimer les opinions qui sont en contradictions avec celles des gens au pouvoir. Les différences de détention de pouvoir peuvent même affecter ceux qui participent dans des réunions spécifiques. Les responsables externes peuvent n’inviter que les « leaders des communautés » (généralement des hommes) pour les consultations.

Les relations au sein du ménage et au sein de la famille. Certaines femmes peuvent avoir des difficultés à s’exprimer devant leurs maris ou pères. Elles peuvent aussi croire que les discussions d’ordre familial (même celles portant sur les charges de travail) ne doivent pas être étalées en public.

Différentes contraintes à la participation. Les hommes et les femmes ont des responsabilités et des charges de travail différentes. Les femmes ont moins de temps à allouer à de nouvelles activités. Assister à certaines réunions peut poser des problèmes pour les femmes si l’horaire n’est pas compatible avec leurs charges domestiques et familiales. En plus, les normes d’adhésion formelle et informelle aux institutions de la communauté peuvent aussi refuser à la femme le droit de participer.

Les différentes aptitudes à la participation. Etant donné les discriminations homme/femme en matière d’éducation, les hommes et les femmes ont souvent des niveaux d’éducation différents. Les hommes peuvent aussi avoir plus d’expérience dans l’argumentation de leurs points de vue et sont plus confiants que les femmes pour s’entretenir avec les autres.

Les avantages de la participation. Les femmes et les hommes peuvent faire des calculs différents concernant les coûts et les bénéfices de leur implication dans les processus participatifs. Etant donné la grande occupation des femmes par les tâches quotidiennes, elles ne trouvent pas suffisamment de temps pour participer pleinement. Les méthodes participatives ne peuvent pas donner des résultats sans l’implication réelle des gens qui y prennent part, la participation n’est pas une simple série d’exercice.

Les défis posés aux processus participatifs

Compétences Les organisations ont besoin de développer les compétences pour faciliter les processus participatifs soucieux de l’aspect genre. Ceci nécessite de l’expérience, des compétences et la capacité de gérer les conflits s’ils ont lieu.
Temps Les processus participatifs peuvent prendre beaucoup de temps et peuvent nécessiter un appui sur plusieurs années.
Flexibilité et adaptabilité La sélection et le classement des outils pour les processus participatifs devraient être basés sur des circonstances spécifiques. Répondre de manière adéquate à des contextes spécifiques nécessite une flexibilité.
Appui Les participants, hommes et femmes, ont besoin d’un appui lorsqu’ils sont en train d’explorer de nouveaux sujets. Il serait irresponsable de la part des organisations externes de faire remonter à la surface des problèmes d’inégalités homme/femme et de ne pas continuer à assumer les conséquences d’un tel débat.
Suivi L’organisation peut-elle répondre aux questions remontées à la surface? Si les organisations de coopération en matière de développement sont sérieuses dans leurs processus participatifs, elles doivent être préparées à agir sur les priorités identifiées et les problèmes qui apparaissent.

2.6.7 Les méthodes participatives utilisées pour présenter les problèmes d’égalité homme/femme

A son début en 1992, l’agence allemande de coopération en matière de développement GTZ a assisté le Ministère Zambien de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Pêche pour intégrer une approche participative dans son service de vulgarisation. Les responsables utilisaient des méthodes participatives pour évaluer les priorités des agriculteurs, chose qui a mené à l’adoption d’une approche multisectorielle pour le programme. Ils ont utilisé des calendriers saisonniers pour planifier les activités de vulgarisation dans des périodes qui conviennent aux agriculteurs. Ils ont commencé par impliquer les agriculteurs dans la supervision et l’évaluation des résultats des efforts de vulgarisation. Toutefois, une évaluation a révélé que les femmes ne bénéficiaient pas de l’approche participative dans les prestations des services de vulgarisation. L’équipe a commencé à faire des efforts pour aborder ce problème et impliquer les femmes dans le programme. Avec la prise de conscience, 2 ateliers de 3 jours ont aidé les couples à analyser les relations homme/femme au sein de leurs ménages. L’étude de cas relève plusieurs points clés:

· Le genre n’est pas toujours un sujet sensible comme certains le croient et le disent. Avec les bonnes méthodes, attitudes et approches, les populations locales et le personnel chargé du projet ont très bien accepté d’en parler.

· Le genre n’est pas un concept étranger et théorique ; les hommes et les femmes sont en mesure d’en discuter.

· Le genre devrait être inhérents aux approches participatives mais il n’est pas automatiquement abordé sans des efforts spécifiques (Frischmuth, 1998).

2.6.8 Les méthodes participatives illustrent les différentes perception du bien-être

Le recours à des méthodes participatives soucieuses de l’aspect genre à Darko au Ghana a identifié des différences entre les femmes et les hommes dans leur compréhension de la notion de pauvreté. Ces méthodes ont relevé les perceptions des gens quant aux relations au sein du ménage et ont donné une bien meilleure compréhension de la situation et des changements en cours que ce qu’aurait pu donné une collecte classique des données sur la base d’indicateurs décidés de l’extérieur de la communauté. Les hommes et les femmes ont préparé des cartes sociales séparées du village et ont effectué des classements de la richesse et du bien-être. Les différences dans les deux discussions ont été analysées et les résultats sont exposés ci-dessous.

· Les critères des hommes pour définir la richesse tournaient autour des avoirs comme la maison, la voiture, le bétail et le type de ferme. Ils prennent en considération les récoltes cultivées par les hommes mais pas celles cultivées par les femmes. A début, ils n’ont pas classé ceux qui sont dépourvus d’avoirs et de biens. Ils sont ensuite passés de la richesse à la discussion du bien-être, utilisant le critère de la piété.

· Les femmes ont commencé avec des indicateurs comme la maison, le terrain et le bétail et sont passées à l’analyse de la base de la production agricole. Elles prennent en considération les récoltes « féminines » et ne mentionnent pas le cacao ou les autres récoltes prévues pour la vente cultivées par les hommes. Contrairement aux perceptions communes, les femmes ont mis l’accent sur les récoltes commercialisées et non sur les récoltes vivrières.

· Le critère des femmes pour classer les plus pauvres avait une relation avec l’état de destitution et la privation des droits individuels et en relation avec la santé. Les hommes ont mis l’accent sur l’absence des avoirs et des biens.

· Chaque groupe avait sa propre perception du bien-être. Les femmes tendent à identifier les facteurs pour les femmes alors que les hommes mettent l’accent sur les hommes. Aucun des groupes n’a considéré le ménage comme une unité pour l’analyse du bien-être.

· Pour les femmes aussi bien que les hommes, être riche ne signifie pas toujours avoir plus. Selon l’analyse des hommes, aucun des riches n’est pieux Quant aux femmes, les plus grands producteurs de légumes (indicateur de richesses) ne sont pas parmi les catégories les plus riches (Shah, 1998).



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